Au retour, au point haut de notre randonnée au "Guatchaplatzle" c'est la pause repas de midi, puis au lac Noir même, celle de la tarte aux myrtilles pour les gourmands.
Je rappelle ici quelques données historiques et géographiques sur le lac, notamment celle de la rupture de la galerie reliant le lac Noir au lac Blanc qui a fait neuf victimes en janvier 1934
Puis, c'est le retour par les Hautes Huttes, cette annexe dOrbey perchée à plus de 900 m d'altitude.
En son temps ici, il y avait une auberge tenue par Marie et Frédéric Pirola.
Les règles d'hygiène et de sécurité à l'époque n'existaient pas, en hiver on prenait un verre avec eux dans la "Stub" Il y avait là l'établi, le canapé, le chien, le poêle à bois, les chats qui se baladaient sur les fromages qui mûrissaient sur les rayonnages suspendus...
Le vin était souvent baptisé, le pain à la limite du rance, mais on y retournait pour rencontrer Marie et Frédéric qui nous parlaient de leur passé de résistant.
Marie et Frédéric étaient en effet des passeurs
Leur auberge à près de 1000 m d'altitude était proche de la grande crête, du département des Vosges, de la Liberté !
Ils faisaient ainsi partie de la filière des passeurs, des Justes et accompagnaient juifs et évadés vers le chemin de la Liberté.
Les allemands ayant eu vent de leur activité, ils se sont réfugiés durant les derniers mois du conflit dans le massif du "Forlet" avec leurs chèvres, se nourrissant de leur lait.
(L'authenticité de cette rumeur qui circulait en son temps dans la vallée m'avait été confirmée par l'adjoint au Maire d'Orbey Monsieur Ancel qui habitait lui même aux Hautes Huttes)